Nous avons suivi deux mormons américains en plein recrutement dans le centre de Namur

 

V.Lorent

Deborah Van Boterdael – 30 avril 2014 – sudinfo.be

Ils sont aujourd’hui 6.000 personnes à avoir rejoint le mouvement des Mormons en Belgique. Parmi ceux-ci, certains se chargent de recruter les gens dans la rue.

 

Nous avons suivi un duo de mormons dans cette chasse au recrutement.
6.000. C’est le nombre de Mormons que compte la Belgique. «  Il s’agit d’un chiffre assez constant », nous explique Claude Bernard, porte-parole en Belgique de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. «  Mais nous cherchons sans cesse à recruter de nouvelles personnes pour que notre mouvement soit reconnu en tant que religion et non plus en tant que secte non nuisible  ! ».

Il faut dire que certains principes du mouvement posent question. Dès qu’une personne décide de le rejoindre, elle s’engage à verser chaque mois une partie de son salaire aux Mormons. «  L’argent récolté nous permettra alors de construire de nouveaux lieux de cultes  », ajoute notre interlocuteur. «  Ou de renouveler des bâtiments vétustes. Mais il n’ira en aucun cas dans le porte-feuille d’une personne haut placée par exemple !  ».

Pour intégrer le mouvement, vous devrez également accepter de ne plus boire d’alcool et de ne plus fumer. Un choix qui pourrait en bloquer plus d’un.

Pour vendre leur mouvement, certains jeunes décident donc de sacrifier deux ans de leur vie pour aller à la rencontre des gens et tenter de les recruter. C’est le cas Smith, 21 ans et Rodriguez, 19 ans, tout droit venus des États-Unis.

Un boulot parfois désespérant

«  Nous avons tous les deux envoyés un dossier au siège de l’Église aux États-Unis afin de faire ces deux années de mission  », nous explique Smith. «  Notre dossier a été accepté et nous avons été envoyés ici en Belgique, à Namur  ».

Et le moins que l’on puisse dire c’est que leur journée commence tôt. «  Nous nous levons à 6h30 », nous explique-t-il. «  Le matin, nous étudions par exemple le français. Nous quittons ensuite l’appartement vers 11h pour aller dans les rues tenter de partager notre message, nos convictions ».

11h sonne donc le début d’une longue journée. «  Nous allons parcourir les rues tout au long de la journée  », ajoute notre interlocuteur. «  Et ce jusque 21h. Nous avons une heure de pause pour dîner et une heure pour souper. Mais le reste du temps, nous allons à la rencontre des gens pour tenter de leur expliquer ce que sont les Mormons. En général, on fait donc une vingtaine de kilomètres à pied. On peut parfois prendre le bus mais nous n’avons pas de voiture à notre disposition  ».

Pour les aborder, Smith entamera alors la conversation en se présentant comme un Américain qui a décidé de venir en Belgique durant deux ans pour propager la bonne parole. Et après cette phrase, les réactions se font directement sentir. «  Je n’ai pas le temps  », dira l’une. «  Je viens de perdre mon père. Ce n’est pas facile pour moi. Du coup, la religion, ce n’est pas ce qui m’aidera  ! », expliquera l’autre.

Et parfois, vous avez cette vieille dame qui entamera un débat sur la religion mais qui restera assez fermée sur la nouveauté. «  Nous essayons d’aborder tout type de personne  », nous explique Smith. «  Mais les personnes âgées ne sont pas nécessairement les plus faciles parce qu’elles sont plus ouvertes à la conversation mais pas nécessairement au changement  ! ».

Des journées fatigantes

Ces missionnaires devront donc aller tous les jours dans la rue. «  Il n’y a que le lundi ou c’est un peu plus calme et ou l’on pourra faire nos lessives, le ménage… de 11h à 18h  », nous confie notre interlocuteur. «  Ce sont donc des journées assez fatigantes mais j’aime ce que je fais. Même si ce n’est pas toujours facile et qu’on se fait souvent remballer  ».

Se faire insulter et se faire claquer la porte au nez sont, en effet, devenus le quotidien des deux hommes. «  Mais ce n’est pas grave  », explique Smith. «  On retrouve tout de suite la motivation quand une personne accepte de nous écouter  ! ».

Des contacts trop rares

Ce programme rimera donc le quotidien de ces jeunes durant deux années. «  Nous avons que très peu de contact avec nos familles  », ajoute Smith. «  Nous pouvons répondre à leur mail le lundi mais les contacts Skype ne sont que très rares. Nous avons droit de le faire que deux fois par an : le jour de Noël et le jour de la fête des mères. Autant vous dire qu’à quelques jours du 11 mai, je suis donc super impatient  ».

Malgré ces restrictions, Smith et Rodriguez ne regrettent pas leur choix et espèrent pouvoir convaincre un maximum de personnes tout au long de leur mission.

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